Ecosytème en mode humain

Ecosytème en mode humain

Le culte du moi conquérant

Les espèces animales se régulent en fonction de ce que la nature, leur environnement, leur offrent. C’est ce qu’on appelle écosystème. Qu’est-ce qu’un écosystème au juste ? C’est un ensemble formé par une communauté d’êtres vivants en interaction avec leur environnement. Les composants de l’écosystème développent un dense réseau de dépendances, d’échanges d’énergie, d’information et de matière permettant le maintien et le développement de la vie. C’est tout l’humain, ça, non ?

Bon, toutes les espèces animales donc sauf une : l’espèce humaine. L’espèce humaine ne veut dépendre de rien ni de personne, c’est son côté ego surdimensionné qui a poussé en même temps que le cerveau. Elle n’échange pas, elle ne s’excuse pas, elle tue.

Elle est dotée d’un cerveau qui l’a rendue très maligne, et donc elle “produit”. L’instant T, le moment où elle a découvert que marcher sur deux pattes était tellement plus simple et faisait d’elle l’élite.

Celui qui voit l’horizon mais n’arrive jamais à l’atteindre

A partir du moment où elle s’est mise sur deux pattes, qui demande beaucoup moins d’énergie, son cerveau a eu assez d’énergie pour se développer. Ça, c’est pour ceux qui n’ont pas encore lu les derniers articles parus dans mon blog. Elle a donc compris que pour rester sédentaire et proliférer, pour régner sur la communauté d’êtres vivants qui ne lui ont pourtant rien demandé, il fallait cultiver, élever des animaux, soit produire sa pitance. Et le reste a suivi, et voilà où nous en sommes.

L’homme au fusil a si bien produit que sont espèce s’est largement développée à travers le monde. Mais pour produire, il faut de la terre, des ressources, des sources, de la matière première. Il prend, c’est son truc. Il prend et ne donne rien. Tout pour ma gueule.

Et plus l’homme produit, plus il se multiplie, plus il lui faut d’espace, de terre, de ressources, de sources, de matière première. Quoi qu’il en pense, et quoi qu’il en coute, il est toujours dépendant de la fichue planète, alors que son rêve serait d’en devenir le maitre absolu, le comptable, le médecin, le sculpteur, l’exterminateur. C’est dans son ADN. Depuis qu’il court sur deux pattes, l’être humain s’est développé de manière à conquérir cet horizon qu’il est le seul à voir tout le temps. Ne se rendant même pas compte que l’horizon, il n’est encore jamais parvenu à l’atteindre ! Toute la vie de l’homme est ainsi résumé. !

L’homme lâché dans la nature, et les arbres tombent, et les animaux meurent

En ce moment, je lis un livre de Diane Vanier, la compagne de Nicolas Vanier, que je hais, mais je n’ai pas tilté tout de suite. Oui, parce qu’en général quand je choisis un livre, c’est sur le résumé de 4ème de couv. Et ensuite sur le style, je feuillette et lis quelques pages au hasard. Bon. Elle fait le récit d’une expédition au Canada avec sa fille de 20 mois, le sieur Vanier, ainsi que leurs onze chiens de traineau. Cette expédition par moins 40°, en 1994, avait pour but de tester les limites de leur fille au froid. Prouver que l’homme est plus fort que la nature, check !

Ils ont parcouru une partie du chemin à cheval, pour parvenir à un point de chute où ils ont construit une cabane qui allait les abriter durant 5 mois, en attendant les grands froids et donc la prise des lacs. En effet, les chiens de traineaux se déplacent plus facilement sur les surfaces dégagées. Faire du traineau dans une forêt, c’est avoir l’assurance de se prendre quelques troncs d’arbre dans la tronche ainsi que les tonnes de neige stagnant sur les branches, la meute ne suivant pas un parcours parfaitement linéaire. Plus les accidents de terrain, etc… Bref.

Rien que pour la construction de cette cabane qui allait leur servir 5 mois, ils ont abattu 300 sapins pour le toit, et des tonnes de rondins pour faire les murs. Ils ont créé des saillies dans la forêt pour pouvoir mieux se déplacer. Ils ont abattu des arbres pour se chauffer. Ils ont tué des ours trop curieux qui venaient manger les restes d’élans tués pour nourrir les chiens. Ils ont péché des centaines de kilos de poisson au filet, pour eux et les onze chiens. Ils ont tué des castors pour prendre leur peau et s’en faire des pelisses, les matières synthétiques ne tenant pas chaud quand les températures sont aussi basses. Pendant des mois, ils ont donc tué, ravagé, mis le souk partout où ils sont passés. Juste un couple avec un enfant. Juste quelques mois dans la nature. Les chevaux ont d’ailleurs été renvoyés avant les grands froids. Trois péquins qui ravagent tout, juste pour le fun, pour prouver un truc, parce que l’homme, tout malin qu’il est, a toujours quelque chose à prouver. Il ne se suffirait donc pas à lui-même ? Vous m’étonnez. Et dans le pitch de présentation, je lis ça : “Amoureux de la nature et des grands espaces, Diane et Nicolas Vanier vous invitent à découvrir plaines blanches et banquise”. L’homme qui bat sa femme jure pourtant qu’il est amoureux d’elle. Que ne fait-on pas par amour, n’est-ce pas ? Je vois d’ailleurs sur le net que N. Vanier s’attribue le livre Montaine l’enfant des neiges écrit par sa femme. D’ailleurs tout au long du récit, on sent combien elle doit lutter pour échapper à la soumission.

Imaginez des centaines, des milliers d’expéditions comme celle-là, en mode liberté totale !!! Imaginez que nous vivions ainsi ? Des milliards ???? Mais oui, des expéditions comme celles-ci sont légion. Oh bien sûr, on rapporte de belles images, on se fait du cinéma devant les amis, et derrière on laisse du sang, des plaies, des animaux orphelins. La mort suit l’homme. Il en a l’odeur et l’audace.

L’homme armé d’un fusil est le prédateur ultime. Il tue parce que ça l’arrange, pour son confort, et il n’a pas de limites. On dit que l’humanité va disparaitre parce qu’elle va s’autodétruire. Mais avant, elle détruira tout ce qu’elle peut.

Pour une fois, le discours d’Aurélien Barreau au MEDEF a été nickel. Si ce n’est son allusion à Greta en disant que ses propos sont d’une science irréprochable. Lui, un scientifique, sait très bien que la science évolue chaque jour en fonction des nouvelles connaissances et qu’elle n’est donc jamais exacte, encore moins irréprochable ! Pour le reste, c’est nickel. Il a dénoncé fermement cette hypocrisie écolo qui détruit tout un écosystème pour implanter des champs d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques. Tant qu’on persistera à détruire le vivant, il n’y aura pas d’avancées louables en matière écologique. Il n’y aura pas d’évolution de l’humanité. Elle continuera son chemin de destruction et répandra la mort, la peur, la colère. N’est-il pas temps de se réconcilier avec ce monde qui nous regarde avec le visage de la crainte ?

Petit bonus, l’affaire Vanier et les 60 chiens de traineau recueillis par la SPA, le “camp Vanier”, camp de la maltraitance. Bien sûr il s’en est défendu, mais je vous propose de lire cet article :

 Ce mardi 15 juillet (2014), le Camp Nicolas Vanier qui accueillait près d’une soixantaine de chiens a été fermé par arrêté préfectoral pour manque d’hygiène. De son côté, le célèbre explorateur se dédouane de toute responsabilité, rappelant son amour pour ses chiens. Pour notre chroniqueuse Dom Bochel Guégan, ses explications ne tiennent pas. Voici son coup de gueule. https://leplus.nouvelobs.com/contribution/1223866-nicolas-vanier-ferme-son-camp-de-chiens-l-envers-du-decor-est-pitoyable.html

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