Envie d’avoir la paix ?

Envie d’avoir la paix ?

Le monde que nous avons engendré est nourri d’affrontements, d’oppositions, de conflits, de terreur, de colère, de peur, de violence. Nous vivons dans un état de guerre et de survie constant. Rien n’a changé depuis la Préhistoire où l’homme sauvage devait être sans cesse sur le qui-vive pour sauver sa peau et celle de sa famille. Alors que nous avons de plus en plus de confort, de sécurité, alors que nous vivons rassasiés, chauffés, éclairés, nous devrions avoir atteint un certain niveau de sérénité qui nous conduirait à la conscience et donc à la lucidité. Nous devrions être prêts, frais et dispos pour explorer tout ce qui est indépendant de la matière, autrement dit, la spiritualité. Car ne sommes-nous que des oesophages, à l’image des vers de terre, très utiles certes et qui exécutent parfaitement la fonction pour laquelle ils ont été créés ? Il est dit que nous avons une conscience, remarque, mais est-ce vrai ? Nous ne sommes pas le corps que nous possédons, nous ne sommes pas notre mental non plus, nous sommes une conscience. Nous sommes une conscience mais il semble que nous ayons perdu la clé en chemin.

Bien au contraire nous nous replions de plus en plus sur nous-mêmes, dans notre grotte, et nous devenons de plus en plus agressifs. Nous refusons le regard de l’autre et nous n’écoutons que notre moi belliqueux, revanchard, possessif. Un moi qui cherche à s’imposer en toutes circonstances, qui nous rend aveugles et sourds, vindicatifs, insensibles, blasés. Un moi bourré de complexes, déconstruit par une accumulation d’enseignements dogmatiques qui nous ont éloignés de notre personnalité et de la nature dont nous faisons pourtant partie intégrante.

Au fil des siècles, les conquêtes ont eu pour conséquence asservissement, profits, possession, hiérarchie, fracture sociale, domination, écart entre les forts et les faibles. Dans nos tribus, il n’est pas question de protéger les faibles mais de les dominer, de les exploiter, de les soumettre. On dit que nous sommes des êtres sociaux, mais j’en doute fort.

Alors que nous sommes interdépendants, nous nous calfeutrons dans notre individualisme, nous rejetons l’autre comme ennemi juré. Que ce soit au sein de nos familles ou dans la société, nous sommes constamment en compétition. Toutes les civilisations qui nous ont précédés ont disparu à cause de nos comportements guerriers, égoïstes, conquérants. Les seules civilisations qui subsistent, malgré nos efforts répétés pour les détruire, sont des communautés où il n’y a ni hiérarchie, ni possession, ni loi autre que celle de la nature, ni argent, ni matériel. Elles démontrent que l’être humain est bien un animal grégaire né de la nature et dans la nature. Seulement nous, les modernes, les évolués, nous ne voulons pas en entendre parler. La nature, nous la possédons, nous la dominons, nous la divisons, nous la couchons sur un testament. Un pied dans la tombe, nous revendiquerons encore notre “droit” au moi suprême, batailleur et belliqueux. L’alliance ne peut se faire que s’il y a un intérêt, il est toujours matériel. Ce gout immodéré pour le matérialisme a fait de nous l’ennemi public numéro un pour tout le vivant. Des animaux qui n’ont jamais vu un homme de leur vie en ont une peur instinctive, c’est inscrit dans leurs gènes !!!

Aussi, comment voulez-vous que nous soyons en paix ? Nous demandons la paix sur des écriteaux lors de manifestations, nous l’exigeons de nos dirigeants que nous accusons volontiers de vouloir faire de nous de la chair à canon, mais nous, sommes-nous en paix ? Avec nous-mêmes déjà. Vivons-nous joyeux, extatiques, l’esprit ouvert, à l’écoute, ni envieux, ni frustrés ? Si nous tenions un livre de comptes des moments de joie quotidiens, la balance serait-elle du côté des bénéfices ? Sommes-nous vraiment vivants ? Savons-nous ce qu’est la vie, ce bien si précieux que chaque jour nous maltraitons en lui imposant un stress insupportable ? L’état du monde n’est autre que le miroir de l’état de l’intérieur de notre corps. Le stress que nous lui imposons, c’est l’exacte réplique d’un champ de bataille où les tirs ne s’arrêteraient jamais. 70% des maladies sont auto créées, à cause du stress. Le corps nous prévient mais nous ne l’entendons pas, trop occupés que nous sommes à défendre nos frontières matérialistes. Or nous sommes nés nus et nous retournerons à la terre nus, il est bon de le rappeler. Notre seule possession est notre vie. Certaines religions nous parlent de paradis après la mort, mais à quoi sert de parler de paradis après la mort si notre vie est un enfer? Nous faisons de notre vie un enfer. Nous faisons de notre planète un enfer où pas un seul animal ne peut y être en paix, à cause de notre esprit de conquête et notre volonté à tout détruire. Pourquoi devrions-nous ensuite connaitre le paradis ?

Récemment, le gouvernement a pris la décision de créer des bassins pour retenir l’eau de pluie afin que lorsque l’eau manque en été, elle soit libérée. Du moins c’est ce que j’ai cru comprendre. Or, le cycle de l’eau, ça existe, c’est même le fondement de la vie sur Terre. Couper ce cycle, contenir l’eau, la faire passer dans des canalisations, c’est la tuer, c’est nous tuer, c’est tuer des milliards d’animaux, marins, terrestres. Les routes détruisent les territoires. Le béton, les constructions, détruisent le vivant. Comment peut-on vivre en paix dans un tel climat de destruction, de mort, de terreur ?

Alors vouloir la paix dans le monde, c’est une bien belle image, un bien beau conte, mais la paix doit avant tout être notre état intérieur. Bien sûr, on peut accuser nos dirigeants, et une fois de plus se débarrasser de toute responsabilité. Cela fait des siècles que ça dure, regardez donc où ça nous a menés. Mais qui sont-ils ? Des êtres humains comme nous, les mêmes, exactement. Peut-être encore plus abimés par les frustrations et les complexes. Nous n’avons rien à attendre de quiconque. La paix ne peut venir que de chacun de nous, de notre être intérieur. Faisons déjà le ménage en nous, cessons ce combat permanent, contre nous, contre les autres, soyons apaisés, c’est le mot. Eloignons-nous des réseaux sociaux qui sont devenus des champs de bataille, parce qu’il ne peut en être autrement vu que nous ne produisons que de la guerre. Ou bien servons-nous en justement pour nous entraider à rétablir la paix en nous, et le monde sera meilleur.

A méditer.

Merci de m’avoir lue… Iza

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Cet article a 4 commentaires

  1. Jean Marie Perez

    Bonjour à vous. Je souscris à vos mots. Je n’ai pas votre plume aiguisée et votre syntaxe ciselée, mais comment ne pas dodeliner positivement en vous lisant. Je ne sais où est cette paix… y en a t’il plusieurs aussi ? La trouver chez un écoutant, dans des plaquettes de médicaments, en cassant, en chantant, en devenant taiseux aux autres, en entourant de ses bras des arbres…? Dans une église même s’il on n’est pas croyant, en se faisant des mélo-souvenirs, à coups de ” c’était bien avant…” Ne plus penser ? Être est devenu impossible… Oui, retrouver la nature que nous avons lâchement abandonnée… Et mettre une bougie devant Sainte Rita… pourquoi? Je ne sais pas… mais cela repose un peu l’âme tourmentée. Merci d’être vous, d’être là. Jean-Marie Perez.

    1. Iza Gisse

      bonjour Jean-Marie, et merci d’être là également. Je suis en paix quand je vous lis. Etre est-il vraiment devenu impossible ? Je vous répondrais bien qu’être est justement devenu possible à partir du moment où on le croit impossible. C’est un premier pas vers la paix, en effet. La paix est en nous, Jean-Marie, juste en nous. Avec cet être qu’on a enfermé et qu’on doit libéré. Et il sera en paix. Car on ne peut pas être en paix lorsqu’on est enfermé. Le monde est apparences, le monde est virtualité, mais nous ne sommes pas capable de faire aussi bien que la réalité. La réalité, c’est justement ce qui est… Merci pour ce message. Les abonnés sont encore timides, et j’ai vraiment plaisir à vous lire…

  2. End Hedusko

    Bonjour Iza. D’accord avec ça. Je rajoute qu’on ne pourra pas changer les gens, mais qu’on peut se changer nous en devenant de meilleurs humains et donner de bons exemples. Je crois que ce monde est un lieu pour apprendre mais nous n’ apprenons pas de nos erreurs et les réitérons depuis des siècles, encore et toujours. Nous avons confondu désir et besoin. Un plat, un vêtement, un lit et un toit suffisent mais non, nous voulons des choix toujours plus larges.
    Il nous reste à faire de notre mieux, en accomplissant nos devoirs de père, mère, frère, soeur, ami, citoyen… . Certains de nos souhaits seront réalisés, d’autres non et je crois que c’est bien que les résultats ne soient pas entre nos mains. Si l’horloge à un horloger alors nous pouvons avancer avec confiance.
    Bise.

    1. Iza Gisse

      bonjour end… je n’ai rien à ajouter, tu as tout dit, avec simplicité. Et non nous n’avons pas à changer “les autres”. Mais chacun de nous, en conscience, et le futur en découlera, c’est pourquoi rien n’est inutile, aucun effort. Tôt ou tard, il portera ses fruits. Merci beaucoup. Bise. Iza

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