La normalisation, l’ennemie qui vous veut tant de bien !

La normalisation, l’ennemie qui vous veut tant de bien !

Standard de la normalité

Normal, ce mot n’est déjà pas très beau. Normal, Norman, la normalité c’est à la fois être dans les normes et être commun, banal, ordinaire. Pas de quoi nous faire frissonner d’excitation. Et pourtant la normalité et la normalisation façonnent notre société et notre monde depuis fort longtemps. La normalisation fait même partie intégrante des outils du pouvoir.

La normalisation n’a cessé de modifier les peuples, leurs moeurs, et leurs rapports avec leur suzerain ou à présent leur gouvernement. Dans la mesure où les populations ont augmenté, où des villes se sont formées et ont grandi, où les bases de la société telle que nous la connaissons aujourd’hui se sont établies, la normalisation a forcé ou précédé les grands changements.

En bref, la normalisation de la langue en France par exemple a modifié la structure du pays, sa gouvernance, ses institutions, les rapports des gens entre eux. De simples tribus ou villages isolés, nous en sommes arrivés à la configuration géopolitique actuelle.

La normalisation de la monnaie a eu une grande influence sur le développement économique du pays puis sur son positionnement dans le monde. Les lois, les règles, qui ne sont autres que des effets de normalisation, ont pour objet de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, en théorie.

A travers l’Histoire, le peuple a toujours été une entité, mais son rapport avec l’autorité et les dirigeants s’est souvent modifié. Ainsi il y a longtemps, le peuple faisait partie des richesses du souverain. Obéissant, travailleur, inculte et soumis, contre son labeur et son abnégation il bénéficiait de sa protection. Mais à partir du 17è siècle, le peuple est devenu le principe même de la puissance d’un état. Il doit travailler là où il le faut et comme il faut. Des règles et des lois surgissent pour l’encadrer. C’est le principe de la normalisation. À partir du 18è siècle, le souverain perd son autorité. Il n’y a plus un peuple autour de sa seule autorité mais des peuples dans des régions spécifiques qui développent leurs patrimoines en fonction de leur environnement par exemple. La concurrence les met en balance. Le peuple devient public, un ensemble d’opinions, de comportements, d’habitudes, de craintes, de préjugés, d’exigences, etc. A partir du 17ème siècle, comme je le rappelais dans mon article sur les Valeurs inversées, la pensée est libérée. Le peuple n’est donc plus sous l’autorité permanente d’un souverain, il se démarque par sa propre personnalité. On passe du non pensée, à la pensée permanente, à l’avis sur tout, et l’intellect prend le pas sur le naturel. Le peuple n’est plus homogène, les individualités prennent le pas sur le collectif. S’en suit alors des périodes politiques troubles puisque le schéma initial n’existe plus. La monarchie finit par être abattue, puis ressuscitée. Empire, république, le pouvoir se cherche, et la notion de peuple n’est plus qu’un vague souvenir. Il y a bien sûr les mouvements solidaires, sociaux, mais tous sont menés par des classes dirigeantes. Le peuple est toujours l’outil du pouvoir mais ce n’est plus de manière ouverte. Les guerres rassemblent enfin le peuple sous la bannière nationale. Le système D relance l’individu et réveille sa créativité, son ingéniosité, sa personnalité.

La normalisation toujours aussi fringante cherche désormais à aligner les peuples d’Europe, à les fondre en un seul bloc, et nous renouons avec l’idée qu’il n’est qu’un outil économique, soumis, travailleur, apatride. Après de multiples changements géopolitiques, après la naissance des régions, départements, villes, toute une structure à l’intérieur d’un pays qui semblait à la fois nous protéger et nous permettre d’évoluer aussi bien individuellement que collectivement, voilà donc qu’on abat les frontières et qu’on ne demande de sacrifier notre patrimoine, nos acquis et connaissances pour obéir aux “normes européennes”. Or ces normes sont uniquement basées sur un système économique. Balayer tout ce qui fait la richesse d’un peuple, son essence, son ADN, pour des raisons économiques, est-ce viable ? Les peuples seraient-ils devenus les esclaves des temps modernes ? L’esclavage autrefois considéré comme moteur de l’économie d’un pays n’aurait donc jamais été vraiment aboli.

Aujourd’hui les normes européennes sont de freins mortels pour un pays comme la France. Pays d’excellence, on voudrait nous faire ravaler notre orgueil et notre fierté, notre savoir et notre expérience. Les français sont sans doute individualistes, et alors ? Ils aiment travailler à leur compte, ils sont ingénieux, créatifs, débrouillards, mais depuis 40 ans, on les fait passer pour des fainéants rétrogrades, indisciplinés, jemenfoutistes, et j’en passe. Peu à peu les esprits se forgent à partir de ces données fausses et vulgaires, le but étant d’affaiblir, de diviser. Car un peuple ne peut être qu’une entité soumise et dépendante au service de l’économie désormais mondialiste.

La France se divise, le peuple se brise. Il est facile de monter les gens les uns contre les autres mais la supercherie ne dure qu’un temps. Il nous faut le temps de découvrir que le peuple n’est pas notre ennemi. Il est temps de cesser de nous opposer, de nous insulter, de créer des clans qui croient détenir la vérité et traitent les autres comme les derniers des connards. Celui qui ne doute de rien, qui est certain de détenir la vérité, n’est autre qu’un fanatique.

Le système des normes n’est pas près de disparaitre, il y aura des pass machin, truc, climat, carbone, etc… des normes, des lois, des chaines supplémentaires qui nous affligent et nous détruisent. Si nous continuons à dépenser notre énergie en vaines querelles et en rabâchant sans arrêt les mêmes informations, nous ne perdons un temps précieux. Il n’y a plus personne à persuader par les mots. Seuls les actes comptent. Si nous voulons échapper au régime des normes, nous devons réagir, non pas sur les réseaux sociaux, mais individuellement, sur le terrain, chez nous, autour de nous, dans notre village, dans notre rue. Créer une économie parallèle, une monnaie, utiliser son énergie au redémarrage de notre esprit créatif, nous libérer du carcan de la peur, de la colère, de la haine. Chacun a quelque chose à apporter. Il suffit de faire un pas, un geste. Il suffit de lâcher prise. Avec un peu d’humilité, le coeur et l’esprit se libèrent et le miracle se fait.

Tout le temps être au taquet pour jouer la divination et prédire le pire, et après ? À quoi ça sert si ce n’est à miner le moral des gens ? Ce n’est pas en affichant tout le temps du négatif, le pire, l’apocalypse qu’on parviendra à se mobiliser, mais en avançant à petits pas sur le chemin de la construction. Je ne suis pas partisane de la méthode Coué comme un certain ami me l’a si bien dit. Je ne nie rien du tout avouez que remuer la mélasse dans une mare ne va pas la rendre plus clair et plus accueillante. La force du faire, de l’action, du plaisir du travail accompli, nous permettra d’aller vers la lumière. Et quand bien même, on ne parviendrait pas à nos fins, nous aurons au moins le mérite d’avoir tracé la voie et de transmettre le flambeau aux plus jeunes. Si nous ne faisons rien, ils ne feront rien car nous leurs aurons transmis notre défaitisme, et nous en ferons des futurs suicidés.

Bref… Je vous souhaite une bonne continuation…

Iza

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