Persécution et harcèlement

Persécution et harcèlement

Bonjour. Qui n’a pas entendu parler de pervers narcissique ? Il y a trente ans à peine, ce type de personnage était quasiment inconnu, à part pour Marie-France Hirigoyen qui osa parler du harcèlement moral en couple et au travail, sujet alors hautement tabou. Aujourd’hui et peut-être par réaction, chacun a son pervers narcissique dans les parages. Nous le sommes tous plus ou moins.

Notre humanité s’est construite dans la violence

Il y a beaucoup de violence dans ce monde, certes, mais on peut rétorquer qu’il y en a toujours eue et que les temps sont plutôt calmes. Les guerres, les persécutions, ont accompagné les conquêtes et le développement du commerce mondial. La misère, les famines, les maladies, les catastrophes naturelles, ont régulièrement frappé les populations. La vie n’est donc pas un long fleuve tranquille mais dans le monde animal, il y a un équilibre.

Equilibre que nous avons perdu en même temps que nous nous sommes mis à marcher sur deux pattes.

Notre humanité s’est construite sur la violence. Le plus fort écrase le plus faible. Avant, il y a longtemps, avant les grandes révolutions industrielles, commerciales, c’est-à-dire époque Renaissance, le schéma originel était à peu près respecté. Le chef veillait sur sa tribu qui en retour produisait de quoi lui permettre de survivre et de les défendre. Si les richesses étaient déjà inégalement réparties, le gout pour l’exploitation de l’humain était moins présent. Mais les conquérants venaient constamment briser l’équilibre, et tout était à refaire, avec de nouvelles notions et de nouvelles connaissances. Mais peu à peu, l’argent, le profit, les valeurs matérielles ont pris le pas sur les valeurs de l’esprit. Quand l’esprit a repris le flambeau c’est avec ce sentiment revanchard, devenir le meilleur coute que coute, mais meilleur signifiait le plus puissant, le plus riche, et non meilleur en soi en ayant une vision plus large. Non ceux-là, on les appelle philosophes, et on les prend pour de doux rêveurs ou des prédicateurs maléfiques.

Pourquoi nous et pas d’autres espèces ?

Pourquoi nous et pas les autres ? Sans doute les circonstances. La bipédie y est pour beaucoup. Etre sur deux pattes nous a donné de la hauteur au sens propre comme au figuré. La possibilité de voir loin et donc de mieux nous défendre, de plus avec deux membres pleinement libres, nous a projetés au rang d’espèce supérieure. Nous avons très vite eu cette impression de dominer le monde. Comme il est plus facile de se déplacer sur deux pattes et que la sueur notre amie nous permet de garder une température corporelle stable, nous sommes les animaux les plus résistants, qui peuvent courir le plus longtemps, un indéniable atout tant pour la chasse que pour la migration. Comme il est plus facile de se déplacer sur deux pattes, une grande quantité d’énergie a été libérée, ce qui a permis au cerveau de s’alimenter, car n’oublions pas qu’ils consomme 70% de notre énergie ! Nous devons notre intelligence à la bipédie.

Ce sentiment de supériorité est inscrit dans notre ADN. Nous sommes une jeune espèce qui n’a pas encore acquis la sagesse et ce cerveau, nous ne le maitrisons pas. Il garde tous ses secrets. Si aujourd’hui nous paraissons plus “civilisés”, ce n’est qu’une leurre, une supercherie. La violence a juste pris un autre visage. Puisque nous n’avons plus à nous battre pour trouver notre pitance, pour survivre, nous avons rendu la violence psychologique. Le harcèlement fait partie intégrante de notre mode de vie et de pensée. Flippant, non ?

La pornographie, où l’expression même de la persécution et du harcèlement.

Et ça commence à l’école car la persécution est partout et tout le temps. Les enfants pratiquent le harcèlement, vous avez remarqué ? Ils se rendent vite compte que c’est comme ça que ça marche dans ce monde où on rabaisse en permanence, où on avilie, où on salit l’autre pour paraitre propre. L’élévation n’est pas dans les moeurs, ou alors par pur intérêt et démagogie. Les enfants ne font qu’imiter leurs parents, et ainsi de suite. La violence s’inscrit dans les jeux vidéos, sur internet. Elle imprègne cette réalité devenue virtuelle.

Le saviez-vous ? 70% du trafic internet est consacré à la pornographie. Et celle-ci touche en particulier des enfants. Or, l’abus sexuel n’est autre que du harcèlement, de la persécution. Les enfants sont aujourd’hui presque tous confronté à ces images d’une violence inouïe. . Si les enfants sont choisis comme jouets sexuels, ce n’est pas par hasard. L’enfant est la représentation de l’innocence, de la pureté, de la faiblesse.

Nous avons structuré nos sociétés de telle manière que si on ne persécute pas, on n’arrive à rien. On n’est rien. Nous passons notre temps et notre énergie à rabaisser, à humilier, à surveiller, à chercher à contrôler. Si les réseaux sociaux ont un tel succès, c’est parce qu’ils ont permis au voyeurisme de se développer en toute quiétude. Persécutés et persécuteurs s’y retrouvent dans une sorte d’accord tacite, et d’ailleurs les rôles s’échangent facilement, au gré des humeurs. Le persécuté devient forcément persécuteur.

Personne ne souhaite qu’une personne soit “élevée”. Le monde n’est rien d’autre que le reflet de ce qui se passe dans sa famille, son quartier, au bas de la rue, dans la cour de l’école ou sur la place du village. Les forts s’appuient sur les faibles pour dominer. Ils les écrasent et les piétinent mais ne sont jamais satisfaits. Nous avons toujours plus faibles que nous, et nous avons toujours plus forts. Nos sentiments nous entrainent dans une dérive tumultueuse et mortelle.

Certes, on ne peut pas éviter le fait qu’il y a des forts et des faibles. La nature est ainsi constituée, harmonieuse. Et donc les forts deviennent leaders. Seulement nous, humains, ne savons pas produire de bons leaders, alors que chez les animaux, c’est naturel. Le leader d’une espèce animale autre que l’espèce humaine ne persécute pas sa tribu, il ne cherche pas la gloire, la reconnaissance, etc… Il ne domine pas à l a manière du tout-puissant, il est celui qui veille sur son peuple, point. Chez les humains, les leaders sont souvent des harceleurs. Ils rabaissent, divisent, isolent. C’est certes un principe de chasse, mais chez les humains la chasse est devenu un loisir.

Malheureusement, notre société de consommation se sert de nos comportements compulsifs pour nous exploiter et nous manipuler. De plus, elle prône en permanence l’individualisme. L’être devient exclusif. Ne parlons même pas des fameux conseils de bien-être qui vous rappellent à quel point vous êtes “unique” . Son “moi”, son “je” vanté sans réserve. L’esprit possède, mon, ma, mes, c’est à moi, moi, moi. Ça résonne dans la tête comme un mantra. Ainsi l’humain exclusif s’exclut du processus de vie car la vie ne peut qu’être inclusive. Atomes, molécules, et tout l’infiniment grand, fonctionnent ensemble. Il n’y en a pas un qui se dit qu’il est le meilleur et qu’il va taper sur la tronche des autres !

Le fait d’être exclusif est parfaitement ridicule, car seul on est tout simplement inexistant. Nous échangeons en permanence nos molécules avec tout ce qui nous entoure, nous sommes dans la nature et non au-dessus ou à l’extérieur. Nous sommes inter-dépendants, inclusifs, mais malheureusement tout est fait pour nous prouver le contraire. C’est pourquoi la persécution est devenue naturelle. C’est une conséquence du profond déséquilibre créé en nous par notre combat permanent pour trouver l’équilibre.

Changer l’humanité va prendre beaucoup de temps mais ce n’est pas une raison pour perpétrer nos erreurs. Il y a un gros travail à faire sur l’humanité et individuellement. Certes, le fait ne ne plus persécuter fait basculer dans le camp des faibles, mais n’est-ce pas le début de la sagesse ? Etre rebelle, n’est-de pas tout simplement cesser de participer à ce jeu débile de société qui fait de nous des harceleurs ?

Commençons ce travail de chaque instant. C’est ainsi que nous pourrons prendre conscience de notre comportement compulsif et que nous parviendrons à nous corriger.

Bonne vie à vous les gens… n’hésitez pas à me faire part de votre propre réflexion, car nous ne sommes pas au bout du chemin mais à l’orée d’une nouvelle espérance. Il y a tant de liens à faire, tant de sujets à développer. J’essaie de faire court, je ne fais que survoler….

A bientôt

Iza

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